On a confié notre blog à l’IA pendant trois mois : le crash test

41 articles écrits par IA en 3 mois, -60 % de clics Google… et autant de demandes qu'avant. Ce que ce test nous a appris sur le SEO et le GEO.
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Courbe des clics Google de Kaligram sur 12 mois : -60 %, et pourtant zéro demande perdue
le résumé pour les pressés

En bref : au printemps 2026, j’ai confié l’écriture de notre blog à un workflow d’automatisation, pour gagner du temps et tester en vrai ce dont tout le monde parle. 41 articles en trois mois. Résultat : plus de 60 % de clics Google en moins. Et pourtant, les demandes de formation n’ont pas bougé : 63 sur les neuf premiers mois de 2025, 64 sur la même période en 2026. Voici ce que ce test grandeur nature nous a appris sur le SEO et le GEO.

Pourquoi on a tenté le coup

Deux raisons, toutes bêtes.

La première : le temps. Chez Kaligram, le commercial, l’admin, la stratégie et la pédagogie passent par le même bureau, le mien. Le blog passait toujours après le reste. Une IA qui écrit à ma place, sur le papier, c’était des heures rendues.

La seconde : on parle d’IA toute la journée en formation. Autant tester sur notre propre site avant d’avoir un avis.

Le test a bien démarré : la machine a écrit des articles. Beaucoup.

En 2025, on avait publié 5 articles sur toute l’année. En mars 2026, 22. En avril, 13. En mai, 6. Des textes propres, structurés, bien optimisés… et interchangeables. Une trentaine contenaient des phrases du type « selon une étude, 73 % des entreprises… », sans étude derrière. Plusieurs reprenaient le sujet exact d’une de nos fiches formation : on se faisait concurrence à nous-mêmes, avec un texte moins bon.

En avril, la courbe Search Console a piqué du nez : environ 600 clics par mois avant mars, 232 en septembre. Même nos vieux tutos écrits à la main ont reculé. C’est tout le site qui semble avoir été rétrogradé.

Je ne peux pas prouver la cause à 100 %. Google n’envoie pas de lettre recommandée. Mais la chute tombe pile après la vague, et elle colle à ce que Google vise noir sur blanc : produire beaucoup de pages sans rien apporter aux lecteurs.

Le chiffre qui a tout changé : les demandes, pas les clics

Avant de paniquer, on a regardé ce que ce trafic rapportait vraiment. Réponse : presque rien.

Les visites du blog se transformaient en demande dans 0,27 % des cas. Sur nos fiches formation, c’est 3 %. Plus de dix fois plus. Le blog attirait des curieux venus chercher une réponse, qui repartaient avec. Sympa, mais ça ne remplit pas une salle de formation.

Seule vraie mauvaise nouvelle : on a aussi perdu des clics sur des recherches du type « formation [logiciel] Lille ». Ceux-là comptent. C’est pour eux qu’on a fait le ménage.

À retenir pour ton site : déclare l’envoi de ton formulaire de contact comme objectif dans Google Analytics, et regarde séparément le trafic de tes pages commerciales et celui de ton blog. Une baisse de trafic n’est grave que si elle touche les pages qui amènent des clients.

Le grand ménage

On a relu les 52 articles de 2026, un par un, et chacun a reçu une seule décision :

  • Garder ceux qui répondent à une vraie question, sans chiffre douteux.
  • Retravailler ceux dont le sujet est bon mais le texte creux.
  • Rediriger vers la fiche formation ceux qui copiaient son sujet.
  • Fusionner les articles qui parlaient de la même chose et se volaient les places dans Google.
  • Retirer ceux qui contenaient une erreur (dont une fausse affirmation sur le financement CPF, la honte).

Résultat : 27 articles redirigés en une journée. Redirigés, pas supprimés : une redirection permanente (301) transmet à la page de destination ce que l’ancien article avait gagné. Une suppression sèche fait tout perdre.

Et parfois, on garde ce qu’on aurait voulu jeter. Un vieil article sur la photo est mieux classé que notre propre fiche sur la même recherche (15e position contre 69e). Le supprimer pour « faire propre » aurait été se tirer une balle dans le pied.

Ce que Google dit vraiment du contenu IA

Google ne pénalise pas un texte parce qu’il est écrit par une IA. Sa page officielle demande trois choses : vérifier les faits avant de publier (une IA prédit des mots plausibles, pas des vérités), relire aussi les titres et descriptions qui s’affichent dans les résultats, et apporter quelque chose d’original.

Un article que n’importe qui aurait pu générer avec le même prompt n’apporte rien. C’est exactement là qu’on s’est plantés.

Être cité par les IA : même combat

Ce qui fait remonter dans Google et ce qui fait citer par ChatGPT ou Gemini se rejoint. Un moteur IA cherche une source qui dit quelque chose que les autres ne disent pas : des chiffres à toi, une expérience vécue, la réponse dès les premières lignes, des sources vérifiables. Nos 63 contre 64 demandes, personne d’autre ne peut les publier. Une statistique « selon une étude » sans lien, n’importe qui peut l’inventer.

Restons honnêtes : chez nous, les visites venant des IA pèsent environ 1,5 % du trafic, et ça n’a pas bougé pendant toute l’histoire. Le GEO est un pari sur l’avenir. On en parle plus en détail dans notre article sur le GEO.

Le verdict du test : ce qu’on garde de l’IA

On ne jette pas le bébé avec le prompt. L’IA reste redoutable pour auditer un site, trouver les questions que se posent les gens et suivre les chiffres chaque semaine. Ce qu’on ne lui confie plus : choisir seule les sujets, écrire seule, publier seule.

Désormais, chaque article part d’un cas réel (une question de stagiaire, un projet client, une erreur qu’on a faite… comme celle-ci), et un humain valide avant la mise en ligne. Moins d’articles, mais chacun dit quelque chose que personne d’autre ne peut écrire.

Et maintenant ?

On ne sait pas encore si le ménage suffira à faire remonter le site : Google met des semaines à digérer des redirections. On publiera les résultats ici dans trois mois, bons ou mauvais.

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FAQ

Google pénalise-t-il les articles écrits par IA ?

Non, pas en tant que tels. Google vise le contenu produit en masse sans valeur ajoutée, quel que soit l’outil utilisé.

Faut-il supprimer les articles IA de son blog ?

Pas forcément. Il faut les relire un par un, et rediriger plutôt que supprimer ceux qu’on retire.

Comment savoir si une baisse de trafic est grave ?

Regarde les demandes de contact, pas seulement les clics. Si elles tiennent, tu as surtout perdu du trafic qui ne convertissait pas.

Sources

Emmanuel Poteau

Emmanuel Poteau

Directeur de Kaligram — Centre de formation numérique à Lille

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