Kyle T. Webster, créateur de pinceaux Photoshop

Kyle T. Webster, créateur de pinceaux Photoshop.

Découvrez l’illustrateur qui a su insuffler la vie aux pinceaux de Photoshop !

 

 

 

Touche artistique & rendu numérique — Les graphistes formés chez nous se sont longtemps inquiétés de la perte de leurs “touches” s’ils se mettaient aux outils de création numérique. Rien ne valant la vraie peinture, la fameuse touche perso. Et pourtant, un illustrateur américain, Kyle T. Webster, a fini par prouver au monde que l’on peut aussi profiter de l’agilité du numérique en simulant un rendu ultra-réaliste avec des pinceaux confectionnés pour Photoshop. Interview de ce monsieur que l’on suivait depuis très longtemps.
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Il est LE Monsieur Pinceaux de Photoshop ! Comprenez bien, Kyle T. Webster est LE créateur des nouvelles brosses que vous pouvez utiliser dans Photoshop pour vos illustrations. Et ses pinceaux (“brushes” en anglais) ont tout changé pour le logiciel dans le domaine de l’illustration. Chez Kaligram, on connaissait l’illustrateur avant même son intégration chez Adobe car il vendait ses pinceaux par pack avec des effets ultra réalistes d’encres, d’aquarelles ou encore de fusain. À l’époque, nous formions les stylistes de nombreuses entreprises du textile (IKKS, Kiabi, Jules, Levi’s ou encore Catimini). Ces brosses permettaient de répondre à l’inquiétude et de “rassurer”.

Illustrateur de métier lui-même, Kyle a gagné de nombreuses récompenses et a bossé pour des publications telles que The New Yorker, TIME, The New York Times, Wall Street Journal. Autant vous dire que l’illustration, ça le connait !

Avant toute chose Kyle, merci pour le temps accordé ! J’ai découvert via votre CV vidéo que vous aviez été étudiant en France lors d’un échange. Est-ce que ce voyage en Europe a influencé votre travail ? Car je sais que vous aimez Mike Mignola (créateur US du comics Hellboy) et Hergé que l’on connait très bien chez nous pour son mythique Tintin.

Oui, il est vrai que le temps passé en France m’a permis de découvrir les travaux de Bilal, Moebius (Jean Girard), Franquin et de nombreux autres. J’ai dévoré leurs bandes dessinées ! Et ce que j’ai le plus appris de ces personnes est l’importance du trait.

Comment avez-vous fini par travailler avec des publications aussi prestigieuses que le New York Times ou encore Nike ?

Ça a été un process long et méthodique. J’ai d’abord commencé à travailler pour de petites publications un peu partout aux États-Unis appelées “Alternative News Weeklies”. Il s’agit principalement de journaux hebdomadaires gratuits distribués dans les villes de Los Angeles, Seattle, Washington D.C ou encore New York. Quand mon travail s’est amélioré et semblait mieux équilibré, j’ai contacté des publications régionales et des magazines. Puis, j’ai contacté de plus gros journaux et j’ai enfin eu le courage, après 5 ans de travail acharné, d’approcher le New Yorker et d’autres publications majeures. À ce moment, je savais que ces clients étaient en quête d’un artiste, et j’étais assez confiant pour penser que je pouvais répondre à leurs attentes. Mon travail d’illustration publicitaire a progressé de la même manière. J’ai travaillé avec de petites agences locales et petit à petit, j’ai pu monter les échelons à mesure que je remportais certains prix tout en créant mon portfolio.

Comment avez-vous commencé à travailler sur les pinceaux Photoshop ? Si je ne m’abuse, il y a même une histoire assez drôle concernant vos premiers travaux d’illustration avec ceux-ci…

J’ai commencé à créer des pinceaux alors que j’étais graphiste dans une entreprise entre 2003 et 2006. Je les avais créés pour des projets qui nécessitaient des styles et des textures différents (posters, packaging, logos, etc…) et quand je me suis rendu compte que j’étais assez bon pour recréer les effets de textures des matériaux traditionnels, je suis devenu un peu obsédé par l’idée d’expérimenter les réglages de pinceaux de Photoshop et j’étais accro à partir de ce point. En 2004, le CEO de Krispy Kreme Doughnuts avait demandé à cette entreprise de créer sept peintures originales pour leur rapport annuel imprimé. La date de rendu était très très courte donc j’ai expliqué à mon supérieur que je pouvais simuler ce rendu dans Photoshop et réaliser le boulot avec des pinceaux customisés. Ce que l’on a fait, le rapport a été imprimé et quand le Directeur de l’entreprise a demandé s’il pouvait acheter certaines de peintures d’origine, nous avons bien dû lui avouer que nous avions tout produit de façon numérique.

Et comment Adobe vous a contacté ?

En fait, c’est moi qui les ai contactés en premier. J’étais intéressé par l’idée de collaborer avec eux autour des pinceaux. Après une année d’échanges avec différentes personnes issues de différentes équipes, je suis entré en contact avec Eric Snowden, Will Eisley, Brooke Hopper et Matthew Richmond de l’équipe de design et nous avons commencé à travailler ensemble sur différents projets. Après quelques années et le succès de mon business lié aux pinceaux, qui venait juste d’atteindre les 300 000 clients, je l’ai vendu en rejoignant Adobe.

Quelle est la partie la plus difficile lors de la création d’un pinceau ?

La partie la plus complexe pour moi est de savoir quand m’arrêter pour passer à un autre pinceau. J’ai toujours envie de bricoler et de perfectionner chaque outil. C’est pour cela que je revisite parfois certains pinceaux avec de petits changements et améliorations. Maintenant, avec les dates de rendu établies pour le développement de certains pinceaux, je ne lutte plus trop avec ça, je dois faire en sorte que les choses soient faites en temps et en heure ! Cela m’oblige à prendre des décisions.

Est-ce que vous pouvez nous dire comment c’était de reproduire les pinceaux du célèbre peintre Edvard Munch (toutes les infois sont dispo’ ici) ?

Cela reste mon projet Adobe préféré toutes brosses confondues. On m’a donné des photos et des scans en haute résolution des vrais pinceaux d’Edvard Munch que j’ai dû recréer de façon numérique. J’ai utilisé les images de façon assez directe pour en créer des versions numériques et je suis toujours très heureux de la manière dont ces pinceaux se comportent. Le process a duré 3 mois et j’y ai pas mal travaillé, avec de nombreux allers-retours avec les équipes européennes d’Europe, et tout autant pris de plaisir à voyager jusqu’en Suède pour rencontrer l’équipe marketing et tourner des spots promo. La partie la plus satisfaisante était de voir les créations des artistes du monde entier avec ces brosses pour le concours d’illustrations.

Est-ce qu’il y a d’autres artistes sur lesquels vous aimeriez travailler à l’avenir dans ce même processus?

J’ai mentionné aux équipes européennes d’Adobe que j’adorerais travailler sur des pinceaux qui reprendraient la plupart des styles des impressionnistes français.

D’ailleurs, vous avez une incroyable capacité à travailler avec différents médias artistiques, quel est votre préféré ?

Le bon vieux fusain sur papier journal !

Ils sont souvent complémentaires mais pas forcément chez vous, est-ce que vous utilisez Illustrator de temps en temps?

Non, je fais rarement des illustrations vectorielles, à moins de travailler sur de la création de logo. Néanmoins, je dessine effectivement avec des pinceaux vectoriels dans Adobe Fresco et j’ai hâte d’y travailler un peu plus avec l’équipe afin d’améliorer et étendre les possibilités de ces pinceaux vectoriels dans l’application, d’aller encore plus loin.

En parlant de Fresco, comment cela peut être combiné pour un illustrateur ?

L’objectif ultime pour moi est qu’il y ait une transition la plus invisible possible entre ces 3 logiciels. En l’état, la transition entre Fresco et Photoshop est déjà disponible et c’est merveilleux. Nous y sommes presque avec Illustrator et je pense que nous aurons un workflow très fluide entre ces deux outils pour nos clients d’ici la fin de l’année 2021. J’adore Fresco car c’est réactif et accessible immédiatement et il y a une multitude de pinceaux avec lesquels je peux travailler aisément : les pinceaux (pixels) Photoshop, les pinceaux vectoriels, les pinceaux à ruban, les pinceaux mélangeurs, et les peintures à l’huile et autres aquarelles en temps réel. Et plus de possibilités encore sont actuellement en cours de création. C’est comme un petit paradis de l’illustration.

Quel conseil donneriez-vous actuellement à un illustrateur ?

Dessinez autant que possible en observant et essayez de vous entrainer quotidiennement. Ne zappez pas les fondamentaux, forme, valeurs, lignes, composition, anatomie, etc… Tous ces éléments nourriront votre capacité à travailler différents styles avec confiance et à travailler de façon optimale, ce qui est une absolue nécessité si vous voulez réussir dans un monde où les délais de rendu règnent sur tout le reste. Et aussi, c’est okay d’être influencé par ses artistes préférés mais faites attention à ne pas laisser cette influence devenir une simple imitation. Plus vous dessinerez en vous appuyant sur vos expériences personnelles et observations (et intérêts personnels), plus votre style personnel va émerger de lui-même.

Dernière -et compliquée- question pour finir, pouvez-vous nous dire quel est le travail dont vous êtes le plus fier en tant qu’illustrateur ?

Ha, c’est en fait assez facile d’y répondre ! Je suis tout aussi fier de deux travaux : à la fois mon livre d’image “Please, Say Please” chez Scholastic Press publié en 2017 et le dessin d’une grenouille sur un vélo datant de 2014 (ndr : c’est très français ça avec la baguette sous le bras). Ce dessin est celui que je peux encore regarder, des années après, et l’aimer comme il est. Si vous êtes artiste, vous savez à quel point c’est rare. Normalement, après un certain temps, on regarde ses travaux passés pour n’y voir que les défauts, ou voir à quel point on a progressé depuis ce travail. Je suis toujours fier et heureux de ce dessin.

Merci beaucoup Kyle pour ces réponses !

Merci beaucoup pour cette interview. 

Et si vous souhaitez télécharger les pinceaux confectionnés par Kyle, vous pouvez les récupérer via cette page chez Adobe.

Vous souhaitez vous former sur Photoshop (ou tout autre logiciel Adobe), que ce soit via un financement Pôle Emploi ou encore votre Compte Personnel de Formation (CPF) ? Kaligram, situé à Lille, peut vous accompagner. Contactez-nous !

Et venez découvrir pourquoi notre centre est si bien noté sur Google, Mon Compte Formation ou encore le site du Pôle Emploi. 🙂

 

Artistic touch & digital render — Graphic designers we trained have been worried about losing their personal touch for a long time when talking about digital tools. “Nothing like real paint”. However, Kyle T. Webster, finally proved to the world that you can enjoy the versatility of digital while reproducing the aspects of actual brushes in Photoshop. Interview with this gentleman we’ve been following for a long time now.

He is the man behind the Photoshop brushes ! Hear me well, Kyle T. Webster is the person behind the new Photoshop brushes for your art. And his brushes changed everything when talking about illustration. Here, at Kaligram’s, we knew the illustrator before he joined Adobe because of his megapacks that included realistic watercolors effects, inks, paints and even charcoal. At that time, we were training fashion designers (IKKS, Kiabi, Levi’s and many more french brands) and those brushes were the perfect answers to reassure them. Illustrator himself, Kyle won many awards and worked for many publications as The New Yorker, TIME, The New York Times, Wall Street Journal. So yes, he knows a lot about illustration !

First of all, thanks for your time Kyle, I saw on your website your video presentation (which is really funny) and I didn’t know that you were an exchange student in France ! Did your trip in Europe influence you as an artist ? I know for example that you love Mike Mignola (US) AND Hergé (Belgian) whom are two of my favourite illustrators too !


Yes, my time in France gave me the chance to discover the work of Bilal, Moebius (Girard), Franquin, and many others. I devoured their B.D.s ! What I learned most from these artists was the importance of line quality.

How did you end up working with so many great publications (as the New Yorker, The New York Times, Nike…) ?

It was a slow and methodical process. I started by working for tiny publications all around the United States called, ‘Alternative News Weeklies.’ These are mostly free weekly paper that are distributed in cities like Los Angeles, Seattle, Washington D.C., and New York. When my work improved and my portfolio got more well-rounded, I approached regional publications and trade magazines. Then, I approached larger newspapers and finally had the courage, after about five years of steady work, to approach the New Yorker and other major publications. By this point, I knew what these clients were looking for in an artist, and I was confident I could deliver the goods ! My advertising illustration work went the same way: I started with tiny local agencies, and then slowly moved my way up as I started to win awards and build my portfolio.

How did you begin to work on your brushes (If I’m not mistaken, I know you have a really funny story about one of your first works where a client asked to buy the original painting, is it right) ?


I began making brushes when I worked as a graphic designer in a firm between 2003-2006. I made them for projects that required a different brush strokes and styles (posters, packaging, logos, etc.), and when I realized that I was quite good at emulating the look of traditional materials, I got obsessed with experimenting with the Photoshop brush settings and was hooked from that point on. In 2004, the CEO of Krispy Kreme Doughnuts asked our firm to create seven original paintings for their printed annual report. The deadline was very short, so I told my boss I thought I could ‘fake’ these in Photoshop and get the job done with custom brushes. We did so, the book was printed, and when the CEO asked if he could buy some of the original paintings, we had to confess that everything had been produced digitally.

And how Adobe did reach to you ?


I actually contacted them first. I was interested in collaborating with them on anything brush related. After a year of going back and forth with different people on different teams, I finally connected with Eric Snowden, Will Eisley, Brooke Hopper, and Matthew Richmond on the Design team and we started working on various projects together. After a few years, and with the success of my brush business, which had just topped 300,000 customers, I sold the business and joined Adobe.

Which part is the most difficult when you create a brush ? And how did you work with Adobe’s team for that ?

The hardest thing for me is knowing when to stop and move onto another brush. I just want to keep tinkering and perfecting every tool. This is why I eventually revisit certain tools and release variants of them with small changes or improvements. Now, with the deadlines that are set for the development of certain brushes, I don’t struggle with that as much, because I just have to get things done by a certain date! This forces me to be more decisive..

Can you tell us how it was to work on the famous painter Edvard Munch’s brushes ?

This remains my favorite Adobe project, brush-wise. I was given high resolution photography and scans of Munch’s actual brushes, from all angles, and I had to recreate them digitally. I used the imagery in a direct fashion to create the digital versions and I am still really happy with how those brushes perform. The process took about three months and I worked a lot, back and forth, with the Adobe teams in Europe, as well as had a fantastic time traveling to Sweden to meet with the marketing team and film some promotional bits. The most satisfying thing was seeing the work that artists all over the world created with the brushes for the illustration competition.

Are there any other artists you would love to work on ?

I mentioned to the Adobe Europe teams that I would love to someday work on a set of brushes emulating many of the styles of the French Impressionists..

You have quite an amazing ability to work with so different artistic medium, but which is your favourite actually ?

Plain old charcoal on newsprint !

Do you work sometimes with Illustrator too ?

No, I very rarely work with vector art, unless I am designing logos. However, I do draw with vector brushes in Adobe Fresco quite a bit, and I’m looking forward to doing more work with the team to improve and expand what is possible with vector brushes in that app, going forward.

Can you tell us a little bit more about Fresco and how it can combine with photoshop for an illustrator ?


The ultimate goal is for there to be a seamless transition between all three apps. Right now, the transition between Fresco and Photoshop is already there – it’s wonderful. We are almost there with Illustrator and should have a really fluid workflow in place for customers between these two apps by the end of 2021. I love Fresco because it is so immediately accessible and responsive and there are a multitude of brushes I can work with easily: Photoshop (pixel) brushes, vector brushes, Capture ribbon brushes, Mixer brushes, and live watercolors and oils. And more options are being built right now. It’s like a little illustration paradise.

Which advice would you give to an illustrator ?

Draw as much as you can from observation, and try to make a daily practice of it. Don’t skip fundamentals: shape, value, line, composition, anatomy, etc. – these will all feed into your ability to work in various styles with confidence and work efficiently, which is a necessity if you want to succeed in a world where deadlines rule everything! Also, it’s fine to be influenced by your heroes, but be careful not to let influence turn into imitation. The more your draw from your own life experiences and observations (and personal interests), the more your own style will simply emerge organically.

Tough question to finish this, can you tell us which work are you the most proud of as an illustrator ?

Ah, that is actually quite easy ! I’m equally proud of two pieces of work: my picture book, “Please Say Please !” from Scholastic Press, published in 2017, and a drawing of a frog on a bicycle from 2014. The latter is the one drawing in my life that I still look at, after several years, and like just the way it is. Other artists out there will know how rare this is. Normally, after some time has passed, we look at our older work and only see flaws, or see how far we have progressed since that work was created. My frog drawing still makes me proud and happy (I’ve attached it in this email – let me know if you need a larger version).

Thank you very much Kyle for your answers !


Many thanks for the interview !

All the Photoshop brushes Kyle’s created are available to download on Adobe’s website.

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